Le photojournaliste d’origine iranienne REZA roule sa bosse dans les zones de conflits (Afghanistan, Moyen Orient, Rwanda, Afrique du Sud) depuis une trentaine d’année. Pas pour lui le cynisme, le dégoût de la race humaine que ces rendez-vous réguliers avec l’horreur auraient pu causer.
Appuyé par une lecture quotidienne de la poésie perse et sufi, REZA garde une profonde foi en notre capacité de voir l’humain tel qu’il est et d’aller à sa rencontre. Il est clair par sa présentation remarquable au Congrès que cela constitue son parcours professionnel et personnel – malgré trois ans de torture et d’emprisonnement dans les geôles iraniennes.
REZA m’a aussi interpellé sur une base personnelle. Je fus pendant une vingtaine d’années un humanitaire au sein de l’ONU, des ONG et à l’ACDI. Je suis fier de cet engagement à défendre l’impératif humanitaire – celle de soulager la souffrance humaine. Cependant, REZA fait partie de ces femmes et hommes exceptionnels qui sont prêts à réellement partager l’expérience humaine de la douleur et de la souffrance de leurs contemporains. De cet engagement personnel sort un rejet total de la violence et de la barbarie de la guerre. Ce rejet est partagé par les professionnels humanitaires dont j’étais. Cependant, la majorité de ceux-ci garde une certaine distance émotive pour préserver une certaine objectivité et surtout pour protéger leur équilibre mental qui est sous un assaut quotidien. Ces professionnels sont parfois critiques de leurs collègues plus engagés qui risquent de compromettre les principes d’impartialité et de neutralité. Ces principes sont cruciaux pour protéger la mission et la capacité de continuer le travail humanitaire, mais si j’étais un survivant de la guerre ou un détenu politique, je sais quel type d’humanitaire je préférais à mes côtés.
Par Jean-Marc Mangin
Ces bribes de réflexions n’engagent que l’auteur et non la fédération canadienne des sciences humaines.
Appuyé par une lecture quotidienne de la poésie perse et sufi, REZA garde une profonde foi en notre capacité de voir l’humain tel qu’il est et d’aller à sa rencontre. Il est clair par sa présentation remarquable au Congrès que cela constitue son parcours professionnel et personnel – malgré trois ans de torture et d’emprisonnement dans les geôles iraniennes.
REZA m’a aussi interpellé sur une base personnelle. Je fus pendant une vingtaine d’années un humanitaire au sein de l’ONU, des ONG et à l’ACDI. Je suis fier de cet engagement à défendre l’impératif humanitaire – celle de soulager la souffrance humaine. Cependant, REZA fait partie de ces femmes et hommes exceptionnels qui sont prêts à réellement partager l’expérience humaine de la douleur et de la souffrance de leurs contemporains. De cet engagement personnel sort un rejet total de la violence et de la barbarie de la guerre. Ce rejet est partagé par les professionnels humanitaires dont j’étais. Cependant, la majorité de ceux-ci garde une certaine distance émotive pour préserver une certaine objectivité et surtout pour protéger leur équilibre mental qui est sous un assaut quotidien. Ces professionnels sont parfois critiques de leurs collègues plus engagés qui risquent de compromettre les principes d’impartialité et de neutralité. Ces principes sont cruciaux pour protéger la mission et la capacité de continuer le travail humanitaire, mais si j’étais un survivant de la guerre ou un détenu politique, je sais quel type d’humanitaire je préférais à mes côtés.
Par Jean-Marc Mangin Ces bribes de réflexions n’engagent que l’auteur et non la fédération canadienne des sciences humaines.